Pour immigrer au Nouveau-Brunswick, la loi ne t’oblige à payer personne : tu peux déposer ta demande d’Entrée Express seul, avec les guides officiels d’IRCC. L’avocat et le consultant réglementé (CRIC) restent des options payantes, utiles pour un dossier familial ou complexe. Le « conseiller en immigration gratuit » qui monterait ton dossier, lui, n’existe pas. Seuls les organismes d’accueil du NB accompagnent gratuitement, surtout sur l’installation.
Notre première assistante juridique nous a oubliés
Pas au sens figuré. Oubliés. Le dossier est resté à l’arrêt plusieurs semaines parce que, de l’autre côté, plus personne ne se souvenait qu’on existait.
Quand le contrat est enfin arrivé, il contenait nos deux prénoms mal orthographiés, un nombre de personnes erroné, un montant de fonds de départ qui n’était plus à jour, et une dizaine de fautes d’orthographe. Pour un cabinet d’avocats, ça pose une question simple : si le document qui les engage est bâclé, qu’est-ce que ça promet pour le dossier dont dépend notre installation ?
Le premier rendez-vous, en visio, aurait dû nous alerter. L’assistante a décroché, puis nous a laissés patienter dix minutes pendant qu’elle terminait une conversation privée avec sa fille. On a écouté, malgré nous, des bouts d’une vie qui ne nous regardait pas. La nôtre, celle pour laquelle on payait, attendait.
On a changé de cabinet. Et en cherchant le suivant, on a compris une chose qu’on aurait aimé savoir plus tôt : le marché de l’accompagnement en immigration est mal balisé, et personne ne t’explique clairement qui fait quoi. Alors on le fait ici.
Les quatre interlocuteurs possibles (et ce qu’ils coûtent)
Pour immigrer au Canada, tu peux t’adresser à quatre types d’interlocuteurs. Deux sont payants, un n’existe pas comme on l’imagine, et le quatrième, c’est toi.
L’avocat en immigration
Inscrit au barreau d’une province canadienne. Il peut te représenter officiellement auprès d’IRCC, monter ton dossier, te conseiller sur la stratégie, et défendre ton cas en cas de refus ou de litige. C’est l’accompagnement le plus complet. C’est aussi le plus cher.
Le consultant réglementé en immigration (CRIC)
Encadré par le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté. Il peut te représenter et monter ton dossier, en général pour moins cher qu’un avocat. Le mot qui compte est « réglementé » : sur internet, n’importe qui peut s’autoproclamer « conseiller en immigration ». Seul un membre vérifiable du Collège a le droit de te représenter contre rémunération.
L’assistant·e juridique
Ce n’est pas un interlocuteur indépendant. C’est quelqu’un qui travaille à l’intérieur d’un cabinet, sous la supervision d’un avocat, et qui gère souvent le quotidien de ton dossier. Quand tu paies « un cabinet », tu ne parles pas forcément à l’avocat.
Toi
Tu as parfaitement le droit de déposer ta demande seule, sans représentant. IRCC publie des guides officiels, gratuits, étape par étape. Beaucoup de familles le font. C’est plus long, plus stressant, ça demande de la rigueur, mais c’est légal — et c’est gratuit, hors frais gouvernementaux.
| Interlocuteur | Coût | Peut te représenter auprès d’IRCC | Plutôt pour |
|---|---|---|---|
| Avocat en immigration | Le plus élevé | Oui | Dossiers complexes, refus à contester, litiges |
| Consultant réglementé (CRIC) | Intermédiaire | Oui, s’il est membre du Collège | Dossiers standards, accompagnement complet |
| Assistant·e juridique | Compris dans le cabinet | Non | Agit au sein d’un cabinet, pas seul |
| Toi-même | Gratuit (hors frais gouv.) | — | Profil organisé, dossier sans complication, budget serré |
« Le conseiller en immigration gratuit », est-ce que ça existe ?
Mon mari a passé des soirées à le chercher. Le conseiller en immigration gratuit, celui qui prendrait le dossier en main sans rien facturer. Il ne l’a pas trouvé. Parce qu’il n’existe pas.
Monter un dossier d’immigration contre rémunération est une activité encadrée : seuls les avocats et les consultants réglementés ont le droit de le faire, et ils facturent. Si un site te promet un « conseiller gratuit » qui s’occupe de tout, méfie-toi. Soit c’est une consultation commerciale déguisée, on t’offre le premier rendez-vous pour mieux te vendre la suite. Soit c’est quelqu’un qui n’a pas le droit de te représenter, et lui confier ton dossier est un risque réel.
Mais ne pas trouver de conseiller gratuit ne veut pas dire qu’il faut payer un cabinet. Ça veut dire qu’il existe deux autres voies, réellement gratuites, qui ne sont simplement pas celle qu’on imaginait.
Faire la demande toi-même.
IRCC met en ligne des guides officiels détaillés pour chaque programme, dont Entrée Express. Tout le processus y est expliqué, étape par étape. Déposer son dossier sans représentant est légal et courant. Tu ne paies alors que les frais gouvernementaux, dont on parle plus bas.
Les services d’accueil, côté Nouveau-Brunswick.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick recrute activement des francophones, c’est une province officiellement bilingue, et elle a besoin de vous. Son service d’immigration et les organismes d’accueil francophones (le RIF-NB, le CAFi à Dieppe, MAGMA dans le Grand Moncton) accompagnent gratuitement les nouveaux arrivants. La nuance à connaître : ces structures interviennent surtout sur l’installation (logement, école… démarches une fois sur place) plus que sur le montage du dossier d’immigration depuis la France. Pour savoir ce qui s’applique à ta situation, le mieux reste de les contacter directement.
Confondre ce qu’on paie et ce qu’on doit avoir, c’est s’inventer 20 000 € de dépense qui n’existent pas.
Combien ça coûte vraiment, et ce qui n’est pas un coût
Voici notre facture réelle : celle du cabinet qu’on quitte. Les montants sont en dollars canadiens, parce que c’est dans cette monnaie qu’on les a reçus, et qu’au point où on en est, on a appris à compter comme ça.
À ça s’ajoutent les frais de gouvernement, facturés en plus : 1 590 $ CA par adulte et 260 $ CA par enfant. Pour notre famille de quatre, 3 700 $ CA. Ces frais-là, tu les paies de toute façon, cabinet ou pas : ils reviennent au gouvernement, pas à l’avocat. Côté provincial, le Nouveau-Brunswick facture 250 $ CA pour le traitement de sa part du dossier ; côté fédéral, IRCC applique ses propres frais par personne. Les montants exacts et à jour figurent sur la grille officielle d’IRCC.
Donc, pour faire monter notre dossier par un cabinet : 13 250 $ CA. À quoi s’ajoutent les tests de langue, l’évaluation des diplômes, les traductions, les billets, le déménagement, mais ça, c’est un autre article.
La preuve de fonds n’est pas une somme que tu paies.
Et puis il y a la preuve de fonds. C’est le chiffre qui fait peur. C’est surtout le plus mal compris.
La preuve de fonds n’est pas une somme que tu paies. C’est une somme que tu dois posséder, montrer, et garder disponible. Pour une famille de quatre, le seuil fixé par IRCC est de 28 362 $ CA au moment où j’écris ces lignes — un montant révisé chaque année.
Personne n’encaisse cet argent. Il reste sur ton compte. IRCC veut seulement la preuve que tu peux subvenir aux besoins de ta famille le temps de t’installer. La règle exacte : les fonds doivent être disponibles et accessibles au moment du dépôt de la demande et à la délivrance du visa de résident permanent. Ils ne peuvent pas être empruntés, ni provenir de la valeur d’un bien immobilier. Et IRCC examine les relevés des six mois qui précèdent la demande, pour vérifier que la somme était stable, pas déposée la veille.
La distinction tient en deux phrases. Ce qu’on paie : les honoraires et les frais de gouvernement. Ce qu’on doit avoir : la preuve de fonds. Confondre les deux, c’est s’inventer 20 000 € de dépense qui n’existent pas.
Comment, on a changé de cabinet
On a changé de cabinet sur une autoroute, entre deux aires de repos, en route vers les grands-parents.
Mon mari a posé son ordinateur sur ses genoux, côté passager, et a refait la liste depuis zéro. On a envoyé les premiers mails le soir même. Et on a découvert le marché tel qu’il est, pas tel qu’on l’imaginait.
Premier obstacle : beaucoup de cabinets ne traitent pas les dossiers francophones, ou pas depuis la France. On reçoit un refus poli, on raye, on continue.
Deuxième obstacle : chez plusieurs cabinets, le premier rendez-vous est payant — entre 150 et 200 € la consultation, juste pour s’entendre dire si oui ou non ils peuvent t’aider. Tu paies pour savoir si tu peux payer.
Ce qu’on vérifie maintenant, avant de signer
L’inscription est vérifiable.
Un avocat est inscrit à un barreau provincial ; un consultant réglementé figure au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté. Si tu ne peux pas vérifier, tu ne signes pas.
Le cabinet traite réellement les dossiers francophones, depuis l’étranger, pour des familles.
On pose la question dès le premier mail. La réponse arrive vite, ou ne vient pas.
On demande qui gérera concrètement le dossier.
L’avocat lui-même, ou une assistante ? Et combien de dossiers cette personne suit en parallèle ?
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement un avocat pour immigrer au Nouveau-Brunswick ?
Quelle est la différence entre un avocat et un consultant en immigration ?
Existe-t-il un conseiller en immigration gratuit ?
Combien coûte un cabinet d’immigration pour un dossier familial ?
La preuve de fonds est-elle une somme à payer ?
Doit-on garder la preuve de fonds intacte pendant six mois après l’arrivée ?
Peut-on déposer sa demande d’Entrée Express soi-même ?
Comment vérifier qu’un consultant en immigration est légitime
Quelle est la différence entre le NBPNP volet francophone et le FCIP Péninsule acadienne ?
Combien coûte le NBPNP francophone en 2026 ?
Puis-je postuler depuis l’Afrique francophone ?
Est-ce que je dois connaître l’anglais ?
Combien de temps prend le traitement en 2026 ?
Pour aller plus loin
Cet article décrit le paysage général de l’accompagnement en immigration. Il ne remplace pas un avis adapté à ta situation : ton dossier est unique. Pour les montants et les règles à jour, réfère-toi aux sources officielles :
- canada.ca — IRCC, preuve de fonds et grille des frais gouvernementaux.
- gnb.ca — Gouvernement du Nouveau-Brunswick, page immigration.
- college-ic.ca — Collège des consultants en immigration et en citoyenneté, registre public.
Écrit à Lyon, un mardi soir avec un tableur ouvert sur l’écran et un thé qui refroidit à côté.
Si tu as une ligne oubliée à m’envoyer, écris-moi : la prochaine version du tableur en tiendra compte.
